Vétiver Hills Hôtel, l’ambition d’un tourisme enraciné dans le territoire

À Bergeau, aux Cayes, au cœur d’un paysage où la nature impose sa présence avec douceur, Vétiver Hills Hôtel trace progressivement son chemin dans l’offre touristique du Grand Sud. Porté par l’entrepreneur Thierry Vante, l’établissement se présente comme un hôtel-resto en pleine expansion, pensé pour conjuguer confort, tranquillité, hospitalité et ancrage local. Dans un contexte où l’investissement privé demeure un acte de courage, ce projet prouve qu’il existe encore une volonté d’entreprendre autrement, à partir des ressources du territoire et au service de la communauté.

D’entrée de jeu, le responsable des lieux avertit : « Vétiver Hills n’est pas seulement un hôtel ; c’est une manière de dire que le Sud peut accueillir, créer, produire et rayonner à partir de ses propres forces ». Thierry Vante confie avoir lui-même pensé et exécuté chaque détail de ce projet devenu une référence dans la zone.

Construit avec des matériaux issus de la région, le complexe mise sur une architecture adaptée aux réalités haïtiennes, notamment grâce à une conception parasismique et anticyclonique. Cette orientation traduit la vision du propriétaire. « Dès le départ, j’avais mon concept : bâtir pour durer, investir avec responsabilité et inscrire l’entreprise dans une logique de résilience », soutient Thierry Vante. Niché dans un cadre naturel agréable, Vétiver Hills offre une dizaine de chambres, une piscine et plusieurs espaces aménagés en terrasses, invitant au repos, à la contemplation et à la découverte d’une autre image du Sud. « Nous avons voulu construire un espace qui respecte son environnement, qui résiste aux vulnérabilités du pays et qui montre qu’en Haïti, on peut encore bâtir avec sérieux et ambition », souligne M. Vante.

Très fréquenté par des visiteurs locaux et étrangers, l’établissement s’impose progressivement comme une destination de choix dans la région. Son attractivité repose autant sur la qualité de son accueil que sur l’atmosphère paisible qu’il propose. Loin du tourisme standardisé, Vétiver Hills cherche à offrir une expérience enracinée, où le visiteur découvre non seulement un lieu de détente, mais aussi une vision du territoire. « Ceux qui viennent ici ne viennent pas seulement dormir ou manger ; ils viennent respirer le Sud, comprendre son potentiel et sentir l’âme d’une région qui refuse de se laisser réduire à ses difficultés », confie le propriétaire.

Vétiver Hills, plus qu’un hôtel

Mais Vétiver Hills dépasse le simple cadre hôtelier. Le projet entend également devenir une vitrine culturelle ouverte aux artistes et artisans locaux, qu’ils soient confirmés ou émergents. À travers des espaces d’exposition et de valorisation, l’hôtel-resto veut contribuer à la promotion du savoir-faire régional et offrir une passerelle entre tourisme, culture et économie locale. Cette dimension donne au projet une portée plus large : celle d’un lieu où l’hospitalité rencontre la création, où l’investissement privé dialogue avec l’identité culturelle. « Un hôtel doit aussi raconter une histoire. Ici, nous voulons raconter celle des artisans, des artistes, des travailleurs et de tous ceux qui font la richesse silencieuse du Grand Sud », insiste Thierry Vante.

Pensé comme un modèle intégré et respectueux de l’environnement, Vétiver Hills accorde une attention particulière à l’intégration communautaire. L’établissement entend favoriser des retombées sociales concrètes au profit des populations locales, notamment par la création d’emplois, l’utilisation de ressources régionales et la valorisation des compétences disponibles sur place. Dans une région marquée par de nombreux défis économiques, cette approche confère au projet une dimension citoyenne. « Nous sommes un modèle d’entreprise responsable, payant le fisc, respectueux de l’environnement et intégré dans la communauté. Ce projet repose sur la passion, la résilience et surtout le nationalisme », déclare le propriétaire.

À travers cette initiative, Vétiver Hills met l’accent sur une autre image de l’investissement en Haïti : celle d’un entrepreneuriat patient, enraciné et tourné vers la durabilité. Le projet montre que le Grand Sud ne se résume pas à ses contraintes, mais demeure un territoire de possibilités, d’innovation et de création de valeur. Dans le cadre de la Mission Grand Sud du Centre de Facilitation des Investissements, l’établissement apparaît comme l’une de ces expériences capables de nourrir un nouveau récit économique : celui d’un pays qui investit dans ses territoires, valorise ses richesses locales et mise sur des entrepreneurs décidés à transformer les difficultés en leviers de développement. « Investir ici, c’est croire qu’Haïti a encore des ressources, des talents et des paysages capables d’attirer, d’émouvoir et de convaincre », conclut Thierry Vante.

Pour contacter Vetiver Hills : (Adresse) Rue 5, Bergeaud #15, Cayes; (Email) vetiver.hills@gmail.com; (Tels) +509 38 75 0492 / 37 29 2999; (Web) www.vetiverhills.com

Unité de Communication-CFI

Aux Cayes, Cosmos Solution bâtit l’avenir à partir des déchets organiques

Aux Cayes, là où les défis environnementaux côtoient les urgences économiques du quotidien, une entreprise s’active à bâtir depuis plus d’une décennie de transformer ce que beaucoup considèrent comme des rebuts, des déchets en ressources d’avenir. À travers ses biodigesteurs, ses biofertilisants et ses solutions de valorisation organique, Cosmos Solution construit patiemment une autre lecture du développement. Quelque chose de plus local, plus écologique et profondément tourné vers la résilience.

Durant la mission « Success Story » organisée dans le Grand Sud par le Centre de Facilitation des Investissements (CFI), la délégation a découvert une structure où innovation environnementale et engagement communautaire avancent côte à côte. Derrière les installations techniques, les cuves de méthanisation et les espaces de transformation, se dessine surtout une ambition. Celle de bâtir progressivement un modèle haïtien d’économie circulaire capable de répondre aux réalités locales. « Nous voulons démontrer que les déchets ne sont pas une fatalité, mais une richesse encore mal exploitée », confie la responsable de l’entreprise, Bernice CHARLES. « Chaque matière organique abandonnée peut devenir une source d’énergie, de fertilité et même d’autonomie pour les communautés », renchérit-elle.

Un modèle qui tient compte de la réalité

Cosmos Solution est perçue comme une initiative porteuse pour le développement territorial. Les installations visitées témoignent d’un véritable savoir-faire technique en consolidation et d’une volonté constante d’adapter les solutions écologiques au contexte haïtien. « Ici, nous travaillons avec ce que les communautés produisent déjà », explique un technicien de l’entreprise. « L’idée n’est pas d’importer un modèle étranger, mais de créer des solutions enracinées dans notre propre réalité. »

L’entreprise développe notamment plusieurs axes d’intervention autour du biogaz, des biofertilisants, de la méthanisation des déchets et de la valorisation des matières organiques. Dans un pays confronté à une pression énergétique grandissante et à une gestion souvent précaire des déchets, cette approche ouvre des perspectives nouvelles, à la fois environnementales et économiques. Mais Cosmos Solution ne se résume pas à une simple expérimentation technique. Son véritable moteur reste la dimension humaine et sociale du projet. « La résilience ne se décrète pas ; elle se construit avec les citoyens », affirme Madame CHARLES. « Nous croyons qu’un projet national durable doit partir des communautés elles-mêmes, de leurs besoins et de leur participation. »

Biofertilisant produit par Cosmos solution

Cette philosophie traverse l’ensemble des activités de l’entreprise. Impliquer les habitants, sensibiliser autour de l’environnement, encourager les pratiques durables et produire localement des solutions énergétiques : autant d’objectifs qui donnent à cette initiative une portée dépassant largement le cadre entrepreneurial classique.

Innover malgré les obstacles

Le parcours reste toutefois semé d’obstacles. Le rapport du CFI souligne que plusieurs projets demeurent ralentis ou temporairement suspendus en raison de contraintes économiques et de l’arrêt de certains financements externes. Avec une équipe réduite, l’entreprise doit constamment jongler entre ambitions techniques, réalités financières et défis structurels.

« Les difficultés sont énormes, mais les opportunités le sont tout autant », reconnaît un membre de l’équipe. « Nous avançons étape par étape, parce que nous savons que ce modèle peut réellement avoir un impact sur les communautés. »

Malgré ces contraintes, Cosmos Solution poursuit ses activités et continue d’explorer des alternatives écologiques adaptées au territoire haïtien. Dans un environnement souvent marqué par l’incertitude, l’entreprise avance avec discrétion mais constance, portée par une conviction simple : même les déchets peuvent devenir le point de départ d’une renaissance économique et environnementale.

Rencontre du CFI avec le Staff de Cosmos Solution

À travers cette initiative, le CFI attire l’attention sur une autre facette du potentiel économique haïtien : celle d’entrepreneurs qui innovent loin des projecteurs, expérimentent des solutions durables et tentent de concilier activité économique, protection de l’environnement et développement communautaire.

Dans le silence des machines de méthanisation et l’odeur des matières organiques en transformation, Cosmos Solution rappelle finalement qu’Haïti possède encore des espaces d’invention, des territoires de créativité et des femmes et des hommes qui continuent de croire que l’avenir peut aussi naître de ce que l’on rejetait hier.

L’Unité de Communication-CFI

Coordonnées de Cosmos Solution :

Adresse : Cambry 1, Les Cayes 8110

Email : cosmossolutionhaiti@gmail.com

Téléphone : +509 37 61 5335 

Hôtel Fort Royal, à Petit-Goâve, un pari touristique entre passion et résilience

Dans la région des Palmes, la mer ne borde pas seulement le paysage ; elle garde encore, malgré tout, la forme d’une promesse. Sur ce littoral où se croisent la beauté du rivage, les souvenirs d’histoire et les attentes d’une économie locale en quête d’air, Hôtel Fort Royal poursuit sa route. L’établissement incarne ce tourisme haïtien qui refuse de s’éteindre. Un tourisme qui avance dans le silence, résilient et prometteur.

Fort Royal est un complexe hôtelier en bord de mer offrant : hébergement, piscine, espace plage, salle de conférence et activités de détente. Derrière ces équipements, il faut surtout voir le choix de maintenir vivante une certaine idée de l’accueil, du repos et du séjour côtier, dans un pays où faire tourner une infrastructure touristique relève déjà d’un acte de volonté… oui du parcours du combattant.

Le lieu ne se réduit d’ailleurs pas à une carte postale. En décembre 2025 encore, Fort Royal accueillait son Marché de Noël, vitrine offerte aux entrepreneurs locaux, aux familles et aux visiteurs venus partager quelques jours de convivialité. Ce détail compte. Il rappelle qu’un hôtel peut être davantage qu’un point de chute : un carrefour discret, un espace où l’économie locale respire encore, où les produits, les idées, les rencontres et les petites espérances trouvent un abri provisoire.

Le potentiel de Petit-Goâve

Il faut dire que Petit-Goâve offre à ce récit une matière presque naturelle. Les sources officielles décrivent une commune riche de plages, de forts, de grottes, de festivités et de productions locales à fort potentiel. Le guide « Visit Haiti » rappelle aussi la proximité de Kokoye Beach et l’ancrage maritime de la zone, pendant que la mémoire gourmande de la ville demeure attachée au « Dous Makòs ». Ici, le tourisme n’est donc pas une fiction plaquée sur le territoire : il prolonge un paysage, une culture et une côte qui continuent d’appeler les départs, les haltes et les retours.

Petit-Goâve possède justement les attributs capables de soutenir une véritable dynamique touristique dans la région des Palmes. Entre son littoral, ses plages encore préservées, ses sites historiques, sa culture populaire, sa gastronomie et sa proximité avec Port-au-Prince, la commune dispose d’un potentiel naturel et économique considérable. Cette richesse territoriale offre des perspectives importantes pour le tourisme balnéaire, culturel et événementiel, à condition que les investissements, les infrastructures et la stabilité puissent progressivement accompagner cette vocation. La ville conserve ainsi les marqueurs d’un territoire qui peut encore séduire visiteurs, investisseurs et porteurs de projets autour d’une économie liée à la mer, aux loisirs et à l’hospitalité.

C’est précisément pour cela que le pari de Fort Royal prend du relief. En Haïti, le tourisme représentait encore 4,1 % du PIB et 12,3 % de l’emploi total en 2024, tandis que l’État réaffirmait en 2025 sa volonté d’en faire un facteur de relance, notamment à travers un programme d’investissement pour le Nord et le Grand Sud. Chaque établissement qui tient encore debout sur le littoral rappelle ainsi qu’au-delà des crises, l’industrie touristique demeure une pièce importante de l’économie nationale et de la vitalité régionale.  

Fort Royal : résister, accueillir et faire vivre l’espoir touristique dans le Grand Sud

Rien de tout cela n’efface pourtant les secousses du réel. La Banque mondiale relève un recul marqué de l’activité dans l’hôtellerie et la restauration, sur fond d’insécurité, de perturbation des routes, de difficultés d’approvisionnement, de fragilité énergétique et de tensions sur les services essentiels. Dans un pays où les alertes internationales sur la sécurité restent très élevées, faire vivre un hôtel, entretenir ses espaces, accueillir des clients et continuer d’investir, même par étapes, devient une forme de discipline presque silencieuse.

Dans cette perspective, Fort Royal vaut moins comme symbole d’un tourisme triomphant que comme preuve d’un tourisme persistant. Le projet dit qu’il existe encore, sur la côte haïtienne, des femmes et des hommes qui refusent de laisser la mer devenir simple décor d’abandon. À Petit-Goâve, l’hôtel continue ainsi de défendre une conviction simple et tenace : même dans les saisons contraires, l’accueil peut rester une économie, un métier, une élégance… et parfois, déjà, une petite victoire contre le découragement.

Dans cet environnement, Hôtel Fort Royal apparaît comme l’une des vitrines les plus structurées de la région, mais aussi comme une référence touristique dans le Grand Sud par la qualité de son offre et sa capacité à maintenir des standards d’accueil malgré les contraintes du contexte national. Hébergement, piscine, plage, espaces de détente, salle de conférence, débarcadère et cadre naturel composent une offre complète pensée autant pour les familles, les touristes de passage que pour les activités professionnelles et événementielles. Au-delà de ses installations, Fort Royal participe aussi à maintenir vivant le réflexe touristique dans cette partie du pays et projette l’image d’un tourisme haïtien qui continue d’exister, d’accueillir et de croire encore au potentiel du littoral national.

Et c’est peut-être là, au fond, la plus belle leçon de Fort Royal : rappeler que le tourisme, en Haïti, n’est pas seulement affaire de paysages, mais de persévérance. Il naît de cette capacité à garder une lumière allumée face à la mer, à entretenir un lieu quand tout pousse au repli, et à croire qu’un rivage peut encore porter autre chose qu’une nostalgie, la possibilité têtue d’un avenir.

Unité Communication/CFI

AyitiKa : de la racine à la tablette, l’ambition d’un chocolat haïtien d’excellence

À Torbeck, dans le Sud d’Haïti, là où les plantations de cacao épousent encore la terre humide et généreuse des campagnes, AyitiKa transforme le cacao local en produits finis avec une ambition assumée : faire émerger un chocolat haïtien capable de rivaliser par sa qualité tout en portant l’empreinte du terroir national. Entre les mains des artisans de l’entreprise, la fève cesse d’être une simple richesse agricole destinée à l’exportation brute ; elle devient le symbole d’une chaîne de valeur reconstruite sur le sol haïtien.

Durant la mission « Success Story » du Centre de Facilitation des Investissements (CFI), la délégation a découvert une entreprise où se mêlent discipline industrielle, passion entrepreneuriale et attachement profond à l’agriculture locale. Dans les ateliers d’AyitiKa, les odeurs de cacao torréfié empestent l’air comme une promesse de transformation économique possible. « Ce que nous avons observé ici dépasse la simple fabrication de chocolat », souligne un membre de la délégation du CFI. « Il s’agit d’un projet structuré qui démontre que la transformation locale peut devenir un véritable levier de développement régional. »

Une phrase résume à elle seule la philosophie de l’entreprise : « de la racine à la tablette ». « Nous voulons prouver qu’Haïti peut produire un chocolat d’excellence à partir de ses propres ressources », confie Chesnel Jean. « Chaque tablette raconte une partie de notre territoire, de notre climat et du travail de nos producteurs. » Chez AyitiKa, le cacao n’est pas uniquement une matière première ; il devient un générateur de valeur ajoutée, d’emplois et d’opportunités pour les cultivateurs. Cette logique tranche avec un modèle économique longtemps dominé par l’exportation des matières premières sans transformation locale. « Trop souvent, nos richesses quittent le pays à l’état brut », explique Chesnel Jean. « Nous avons choisi de garder ici une partie de cette valeur afin qu’elle profite aussi aux communautés et aux familles qui cultivent le cacao. »

Jean Chesnel Jean, PDG de Ayitika échangeant avec des collaborateurs

Sur place, le CFI constate d’ailleurs la maîtrise des procédés de transformation ainsi que le savoir-faire technique observé au sein de l’unité de production. De la sélection des fèves jusqu’au conditionnement, chaque étape témoigne d’une recherche constante de qualité. L’entreprise développe plusieurs produits dérivés du cacao dont :  tablettes, poudre et autres préparations. Une attention particulière est accordée à la présentation et à l’identité visuelle des produits. « Le consommateur ne doit pas seulement goûter un chocolat », estime une technicienne de l’entreprise. « Il doit aussi ressentir l’histoire, le soin et la culture qui l’accompagnent.

Mais AyitiKa ne se limite pas à une ambition industrielle. L’entreprise apparaît aussi comme un acteur profondément enraciné dans sa communauté. Son potentiel d’impact économique et social est reconnu, notamment en matière de création d’emplois et d’accompagnement des producteurs locaux de cacao. Dans cette partie du Sud, où les difficultés économiques et les incertitudes pèsent souvent sur les activités agricoles, l’entreprise représente une source d’espoir discrète mais tangible. « Lorsqu’un producteur sait que son cacao sera acheté et valorisé localement, cela change sa perspective », souligne un agriculteur partenaire. « Il ne vend plus seulement une récolte ; il participe à une aventure collective. »

Derrière cette dynamique se trouve une équipe passionnée conduite par Jean Chesnel Jean, qui tente de bâtir une entreprise moderne sans renoncer aux ressources locales ni au potentiel agricole haïtien. Entre sciences, innovation et enracinement territorial, AyitiKa cherche à imposer un modèle où la modernité industrielle dialogue avec les réalités rurales du pays. « Nous avançons avec nos moyens, nos contraintes et nos rêves », affirme l’entrepreneur. « Mais nous croyons profondément que l’agriculture haïtienne peut nourrir une industrie forte et durable. »

Dans un pays où les matières premières sont encore largement exportées sans transformation, AyitiKa défend une autre logique : produire, transformer et valoriser localement. Cette approche rejoint précisément la vision portée par le CFI à travers son programme des Opportunités d’Investissement Local (OIL), qui vise à identifier et accompagner des initiatives capables de structurer davantage les économies régionales.

Au milieu des défis économiques et logistiques, AyitiKa fait ainsi le pari de la patience, du savoir-faire et de la transformation locale. Un pari où chaque fève de cacao devient, à sa manière, une petite victoire contre la fatalité.

Unité Communication CFI

Reb Lokal : l’entreprise qui redonne de la valeur aux récoltes locales

À Jérémie, une entreprise née modestement vient rappeler qu’en Haïti la richesse ne dort pas seulement dans les champs. Elle renaît aussi dans les ateliers où l’on transforme, emballe et remet en circulation la saveur du terroir, le goût pays. L’entreprise Reb Lokal est derrière cette vision qui s’installe désormais comme une référence dans la région.

Dans la Grand’Anse, certaines entreprises avancent sans vacarme. Elles ne font pas toujours La Une, mais elles déplacent déjà une ligne essentielle : celle qui sépare la récolte perdue de la valeur retrouvée. C’est dans cet espace discret que s’est imposée Reb Lokal, en faisant le pari de transformer sur place ce que la terre haïtienne continue d’offrir, malgré les secousses du temps.

Rebetha Charles, fondatrice de Reblokal, posant pour une photo de souvenir avec Stiven Aimable, Responsable de la section développement local au CFI

Fondée en 2020 par l’agronome Rebetha Charles, ce PME a commencé depuis une cuisine, avec les chips de banane comme premier produit. « Nous avons commencé petit, avec presque rien, mais avec la conviction que nos produits locaux avaient une valeur immense », raconte l’entrepreneure. « Dès le départ, notre objectif était clair : transformer ce que le pays produit et montrer qu’Haïti peut créer de la qualité à partir de ses propres ressources. »

Le pari gagnant du “consommer local” en Haïti

Depuis, le geste initial a pris de l’ampleur. En 2026, Reb Lokal est présentée comme une structure forte avec plus d’une cinquantaine de produits transformés et d’une quinzaine d’emplois directs. Le site de l’entreprise met aujourd’hui en avant une offre issue des récoltes locales tels que : café torréfié, boules de chocolat, gingembre séché, beurres d’arachide, chips et autres dérivés. Ajouter à cela, un engagement affiché pour des produits 100 % locaux, sans additifs artificiels, préparés selon des standards d’hygiène et de sécurité revendiqués par la marque. « Chaque produit raconte une partie du terroir haïtien », explique Rebetha Charles. « Nous voulons que les consommateurs retrouvent dans nos produits le goût du pays, mais aussi une certaine fierté de consommer local. »

Quelques produits commercialisés par Reblokal

Cette orientation n’a rien d’anecdotique. Dans le Grand Sud, le fruit à pain, produit abondant et stratégique, peut subir jusqu’à 80 % de pertes post-récolte faute de logistique, d’équipements et de transformation adaptés. Dans un pays où plus de 5,8 millions de personnes vivent encore en insécurité alimentaire aiguë, sauver une matière première de la perte pour la convertir en farine, en chips ou en produit fini relève autant de l’économie que d’une forme de résistance. Chaque unité de transformation locale devient alors un barrage modeste, mais réel, contre le gaspillage et le découragement. « Quand un produit pourrit faute de débouchés, c’est tout le travail du paysan qui disparaît », souligne la fondatrice. « Transformer localement, c’est créer de la valeur, mais c’est aussi protéger des efforts, des revenus et parfois même la dignité de familles entières. »

C’est aussi le sens du discours porté publiquement par le Centre de Facilitation des Investissement. L’institution présente l’agro-industrie comme un passage nécessaire entre dépendance alimentaire et souveraineté productive : transformer sur place, structurer les chaînes de valeur, certifier les produits et viser des marchés plus formels. En 2026, le CFI-InvestHaiti a réaffirmé sa volonté d’identifier et de promouvoir des opportunités spécifiques au Sud et à la Grand’Anse. Dans cette perspective, Reb Lokal ne relève pas du simple exemple sympathique. L’entreprise incarne l’une des preuves les plus concrètes que la transformation de proximité peut encore ouvrir un horizon économique au pays réel. « Nous ne voulons pas seulement vendre des produits », insiste Rebetha Charles. « Nous voulons participer à une économie plus enracinée, où les producteurs, les transformateurs et les consommateurs avancent ensemble. »

 Le maître-mot : la résilience

Le tableau serait incomplet si l’on en effaçait les difficultés. En Haïti, le tissu des petites et moyennes entreprises demeure fragile. Le CFI-InvestHaiti relevait déjà en 2018 que 58 % des MPME recensées n’étaient pas enregistrées, et que l’accès à l’électricité, à l’eau et au financement figurait parmi les principaux obstacles. Dans la Grand’Anse, ces entreprises représentaient pourtant 2 407 emplois recensés. Pour une structure comme Reb Lokal, la prochaine étape se joue donc dans la consolidation : qualité constante, traçabilité, emballage, conformité et capacité à durer dans un environnement encore heurté. « Chaque étape demande des sacrifices », reconnaît l’entrepreneure. « Mais nous avons appris à avancer malgré les coupures d’électricité, les difficultés de transport et les contraintes économiques. La résilience est devenue une discipline quotidienne. »

L'espace commercial de Reblokal sis au #11, Rue Brouette, Jérémie

Mais c’est précisément là que l’espoir devient crédible. Sur son site, l’entreprise donne à voir des producteurs et des coopératives qui disent trouver enfin des débouchés plus sûrs pour leurs récoltes de bananes, de manioc et d’autres produits du terroir. Cela peut sembler modeste à l’échelle d’une crise nationale. Pourtant, à Jérémie, chaque récolte sauvée du gaspillage, chaque matière première transformée sur place, chaque produit local mis en rayon raconte autre chose qu’un simple commerce : une manière de tenir, de créer sans renoncer, et de rappeler que le pays peut encore se relever par ce qu’il produit lui-même. « Nous croyons encore dans le potentiel de cette terre », affirme Rebetha Charles. « Tant qu’il y aura des producteurs, des jeunes prêts à travailler et des consommateurs attachés aux produits locaux, il y aura de l’espoir. »

Et peut-être, est-ce là la plus grande victoire de Reb Lokal : rappeler qu’au cœur des crises, des routes difficiles et des fragilités économiques, il existe encore en Haïti des mains qui sèment, transforment et bâtissent. À Jérémie, entre les parfums de cacao, de manioc et de fruit à pain, une petite industrie locale continue ainsi d’écrire, loin du tumulte, une discrète mais précieuse leçon d’avenir : celle d’un pays qui peut encore puiser dans sa propre terre les ressources de sa renaissance.

Pour contacter Reblokal :

11, Rue Brouette, Jérémie, Grand'Anse

contact@reblokal.com / www.reblokal.com

Unité Communication CFI